Fonds immobiliers value-add : pourquoi la création de valeur redevient (enfin) une stratégie active
- ARKIMMO INTERNATIONAL

- 5 janv.
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Les fonds immobiliers value-add font leur grand retour dans les allocations des investisseurs institutionnels. Dans un marché marqué par la hausse durable des taux, la correction des valeurs et l’obsolescence accélérée du parc tertiaire, la promesse d’un rendement passif ne suffit plus. Le value-add capte à nouveau les capitaux et la création de valeur immobilière passe désormais par des stratégies actives, fondées sur les travaux, la performance énergétique et l’ESG. Autrement dit, comment transformer un actif fragilisé en actif désirable.
Le retour du value-add n’est pas un effet de mode, c’est un signal de marché
Pendant plus d’une décennie, l’immobilier d’entreprise a été porté par un environnement exceptionnellement favorable. Taux bas, compression des rendements, arbitrages simples. Cette époque est révolue. Depuis 2022, le marché s’est brutalement normalisé, révélant une réalité longtemps masquée : tous les actifs ne se valent pas, et beaucoup ne répondent plus aux standards d’usage, de localisation ou de performance.
Dans ce contexte, un phénomène structurant est mis en lumière : les fonds value-add lèvent à nouveau des volumes significatifs de capitaux. Non pas par opportunisme spéculatif, mais parce que le marché offre désormais un terrain propice à la création de valeur réelle. Décotes à l’acquisition, vendeurs contraints, actifs sous-performants mais bien situés. Les ingrédients sont réunis, à condition de savoir opérer.
Le message envoyé par les investisseurs est limpide. Le rendement ne se décrète plus à l’achat, il se construit dans le temps.

`La fin de l’illusion du rendement passif
Le cœur du changement est là. L’immobilier n’est plus un produit financier linéaire, mais un actif d’exploitation complexe. Les stratégies core traditionnelles, basées sur la simple détention d’actifs prime, voient leurs rendements comprimés par la hausse des coûts de financement et la stagnation des loyers.
À l’inverse, le value-add accepte le risque opérationnel en échange d’un potentiel de création de valeur supérieur. Mais ce risque ne peut plus être traité à la légère. Il suppose une lecture fine des usages, des réglementations, des coûts techniques et des attentes locatives.
Autrement dit, le value-add moderne n’est plus un pari financier. C’est une stratégie industrielle appliquée à l’immobilier.
Travaux et restructuration : le nouveau moteur de performance
La majorité des actifs ciblés par les fonds value-add partagent un point commun : ils nécessitent une intervention lourde. Restructuration, réhabilitation, reconfiguration des plateaux, modernisation des systèmes techniques. Ce sont les travaux qui permettent de changer la trajectoire économique d’un actif.
La création de valeur repose alors sur plusieurs leviers combinés. L’amélioration de l’attractivité locative, d’abord, dans un marché où les utilisateurs arbitrent plus que jamais. La maîtrise des coûts globaux, ensuite, dans un environnement inflationniste qui pénalise les opérations mal pilotées. La capacité à tenir les délais, enfin, car chaque mois de vacance pèse sur le rendement.
Ce basculement explique pourquoi les fonds value-add s’entourent désormais de compétences opérationnelles de haut niveau. La performance ne se joue plus dans un tableur, mais sur le chantier.
Performance énergétique : de contrainte réglementaire à levier créateur de valeur pour les fonds immobiliers value-add

L’autre mutation majeure concerne la performance énergétique et environnementale. Longtemps perçue comme un coût ou une obligation réglementaire, elle devient un facteur central de création de valeur.
Le durcissement des normes, la pression des investisseurs institutionnels et l’évolution des attentes des utilisateurs ont profondément modifié la hiérarchie des actifs. Un immeuble énergivore, mal classé ou non conforme au décret tertiaire voit sa liquidité se dégrader. À l’inverse, un actif performant, sobre et résilient bénéficie d’une prime à la location comme à la revente.
Les fonds value-add l’ont parfaitement intégré. Les stratégies gagnantes sont celles qui articulent travaux techniques, réduction des consommations, amélioration du confort d’usage et trajectoire carbone crédible. Ce n’est plus un sujet annexe. C’est le cœur de la thèse d’investissement.
ESG : quand la valeur financière rejoint la valeur d’usage
L’ESG n’est plus un discours de façade réservé aux rapports annuels. Dans le value-add, il devient un outil opérationnel. Un actif plus vert est un actif plus louable, plus finançable et plus liquide.
Les investisseurs recherchent des stratégies capables de démontrer, chiffres à l’appui, l’impact réel des décisions prises. Baisse des consommations, réduction des émissions, amélioration du bien-être des occupants. Ces éléments influencent directement la valeur de l’actif et sa capacité à attirer des utilisateurs de qualité.
Cette convergence entre performance financière et performance extra-financière explique l’appétit renouvelé pour le value-add. Là où le core subit les contraintes du marché, le value-add les transforme en opportunités.
Le facteur temps : un actif ne se transforme pas instantanément
Un point est souvent sous-estimé dans les stratégies value-add : le temps. Créer de la valeur immobilière prend du temps, et chaque phase comporte ses propres risques. Études, conception, autorisations, travaux, commercialisation. La moindre dérive peut annihiler une partie de la performance attendue.
C’est pourquoi les investisseurs les plus expérimentés raisonnent désormais en termes de cycle complet. Ils arbitrent non seulement le potentiel de hausse de valeur, mais aussi la capacité à piloter l’opération de bout en bout. La création de valeur n’est pas linéaire. Elle est séquentielle.
Ce réalisme opérationnel distingue les stratégies value-add robustes des approches opportunistes plus fragiles.

Pourquoi le value-add s’impose comme la stratégie la plus lisible du cycle actuel
Dans un marché encore incertain, le value-add offre une lisibilité que d’autres stratégies peinent à garantir. Il repose sur des leviers tangibles. Des mètres carrés restructurés, des consommations réduites, des loyers revalorisés par l’usage. La valeur créée est observable, mesurable, défendable.
Là où le core dépend fortement de la détente des taux et des mouvements macroéconomiques, le value-add permet d’agir. Il redonne une marge de manœuvre aux investisseurs capables de maîtriser la complexité opérationnelle.
C’est précisément cette capacité d’action qui attire à nouveau les capitaux. Non pas parce que le risque a disparu, mais parce qu’il peut être géré.

Conclusion: Le retour en force des fonds immobiliers
value-add
Le retour en force des fonds immobiliers value-add n’est ni cyclique ni opportuniste. Il traduit une transformation profonde du marché de l’immobilier d’entreprise. Dans un environnement contraint, la création de valeur ne repose plus sur l’attentisme, mais sur l’action. Travaux, restructuration, performance énergétique et ESG deviennent les véritables moteurs du rendement.
Pour les investisseurs, l’enjeu n’est plus seulement d’acheter au bon prix, mais de transformer intelligemment les actifs. Le value-add s’impose ainsi comme la stratégie la plus cohérente du cycle actuel, à condition d’en maîtriser l’exécution. Car en immobilier, la valeur ne se proclame pas. Elle se construit.



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